Du géocentrisme à  l'héliocentrisme
 
TPE 2016 par Salomé Bernard et Judicaëlle Six
 

                                   Annexe:

Chronologie de la révolution copernicienne

  • Nicolas de Cues (1401-1464) est l'un des premiers astronomes à proposer une représentation du monde non géocentrique. Dans De docta ignorantia ( publié en 1440), il affirme que le monde ne peut pas être fini, que la terre ne peut pas en être le centre, et qu'elle se meut. Ses conceptions cosmologiques furent complètement ignorées par ses contemporains et par ses successeurs pendant plus de cent ans.

  • 1512 : Nicolas Copernic rédige un court traité De Hypothesibus Motuum Coelestium qu'il termine vers 1515, mais qui ne sera pas publié de son vivant. Dans cet ouvrage, qu'il dédie au pape, Copernic estime que la Terre décrit une trajectoire circulaire autour du Soleil. Une phrase illustre bien l'ampleur de la faille que l'ouvrage introduit dans la représentation géocentrique de l'univers : « Tous les mouvements apparents que l’on constate au firmament sont dus aux mouvements de la Terre et non du firmament ».

  • 1530-1543 : Nicolas Copernic écrit un second traité, De Revolutionibus Orbium Coelestium (Des révolutions des sphères célestes), achevé vers 1530. Cette œuvre ne sera publiée, par un imprimeur luthérien de Nuremberg, que le 24 mai 1543, peu de temps avant la mort de Copernic.

  • 1584 : Giordano Bruno publie De l'infinito universo et Mondi (De l'univers infini et des mondes), dans lequel il soutient l'hypothèse de la pluralité des mondes habités.

  • 1596 : dans son Mysterium cosmographicum, le jeune Johannes Kepler, défend avec ardeur l'hypothèse de Copernic, en s'appuyant sur des arguments physiques (ce qui est une première) et métaphysiques. Il y renforce même l'héliocentrisme du système, en plaçant le Soleil précisément au centre du système, alors que le centre de l'orbite terrestre occupait cette place selon Copernic.

  • 1600 : Giordano Bruno est condamné au bûcher plus sur ses positions théologiques jugées hérétiques et ses attaques répétées contre le dogmatisme, que parce qu'il s'était basé sur Copernic pour développer son système philosophique d'un univers infini peuplé de mondes identiques.

  • 1608 : invention de la lunette d'approche, en Hollande vers 1608 (grossissement 3 fois).

  • 1609-1610 : Galilée perfectionne la lunette d'approche portant son grossissement à 6 puis 20 fois. Il est l' un des premiers à l'utiliser comme lunette astronomique pour l'observation d'objets célestes. Il observe des montagnes sur la Lune, les satellites de Jupiter, les taches solaires.

  • 1608 à 1610 : Thomas Hobbes rencontre Galilée à Paris ;

  • 1609 : Johannes Kepler formule les deux premières lois sur le mouvement des planètes. Kepler établit en particulier que les trajectoires décrites par les planètes sont elliptiques, et non circulaires, comme le pensait Copernic.

  • 1610 : Kepler prend connaissance de la découverte de quatre satellites tournant autour de Jupiter grâce aux observations de Galilée avec sa lunette astronomique et écrit une lettre de soutien publiée sous le titre de Dissertio cum Nuncio Sidero (Conversation avec le messager des étoiles), puis après avoir lui-même observé ces satellites, il publie ses observations dans Narratio de Observatis Quatuor Jovis Satellibus.

  • 1616 : l’édit anti-copernicien de 1616 du cardinal Bellarmin admoneste Galilée, condamne le système de Copernic en tant que système philosophique, mais n’interdit pas de débattre du mouvement de la Terre dans un contexte « purement mathématique ».

  • 1618 : Johannes Kepler formule la troisième loi sur le mouvement des planètes.

  • 1624 : Galilée est reçu en avril en audience par le pape Urbain VIII, qui l'encourage à reprendre par écrit l’analyse et la comparaison entre les plus grands systèmes astronomiques, le modèle copernicien pouvant aussi être pris en compte, pourvu que ce soit dans une perspective purement mathématique.

  • 1632 : Galilée publie Dialogo sopra i due massimi sistemi del mondo (dialogue sur les deux grands systèmes du monde), ouvrage ouvertement pro-copernicien.

  • Septembre 1632 : Urbain VIII reçoit le dialogue sur les deux grands systèmes du monde et décrète l'ouverture d'un procès contre Galilée.

  • 22 juin 1633 : Galilée est condamné par l'Inquisition pour son ouvrage Dialogo sopra i due massimi sistemi del mondo. Urbain VIII commue immédiatement sa peine en assignation à résidence.

  • 1687 : Newton publie Philosophiae Naturalis Principia Mathematica, ouvrage dans lequel il formule la théorie de la gravitation, qui intègre les apports de Kepler et de Galilée.

  • 1728 : James Bradley prouve scientifiquement, par la mise en évidence du phénomène de l'aberration de la lumière, la rotation de la Terre autour du Soleil.

  • 1741 : devant la preuve optique de la trajectoire orbitale de la Terre, le pape Benoît XIV donne l'imprimatur aux ouvrages de Galilée.

  • 1745 à 1756 : l'Encyclopédie (Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers) va répandre la théorie de l'héliocentrisme dans un public de lettrés, à l'instigation principalement de d'Alembert (1717-1783), codirecteur de l'Encyclopédie. D'Alembert prend en charge la rédaction de la plupart des articles sur l'astronomie ; il est aidé dans cette tâche par trois autres savants qui y contribueront également : Jean-Baptiste Le Roy (1720-1800), Jean Henri Samuel de Formey (1711-1797), et Louis de Jaucourt (1704- 1779)26.

  • 1757 : le pape Benoît XIV lève l'Index sur les ouvrages relatifs à l'héliocentrisme.

  • 1781 : Kant publie la Critique de la raison pure, remise en question des fondements de la métaphysique.

  • 1965 : le concile Vatican II déplore certaines attitudes d'esprit qui ont existé parfois parmi les chrétiens eux-mêmes, en raison d'une perception insuffisante de la légitime autonomie de la science, et fait une courte allusion à Galilée.

  • 1979 : le pape Jean-Paul II parle longuement de Galilée à l'Académie pontificale des sciences.

  • 1981 : une commission présidée par le cardinal Paul Poupard, est chargée de réexaminer l'affaire Galilée.

  • 1992 : la commission présidée par le cardinal Paul Poupard présente ses conclusions. Elle reconnaît les erreurs commises par la plupart des théologiens lors de l'affaire Galilée.

  • La victoire des thèses de Copernic, Kepler et Galilée a commencé d'intervenir avec le succès de la théorie newtonienne. La victoire définitive a été obtenue par la preuve optique de la trajectoire orbitale de la Terre et les mesures de levées d'index de la première moitié du XVIIIe siècle.

     

     
     



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